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Site de la famille AMRAM |
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LA HANNA |
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Je fais une fixette sur la tradition. Et puis un site de famille, n’est ce pas le lieu idoine pour parler de ce précieux héritage familial qui fait de nous des gens un peu différents?
Cette fois c’est du mariage dont je vais vous parler. En particulier de la cérémonie du henné.
L'origine du tatouage au henné remonte à quelques milliers d'années en Mésopotamie. Il est utilisé par les hébreux et les Égyptiens. (Encyclopédie numérique Wikipedia). Il aurait suivi ensuite la migration des peuples et serait arrivé dès l’Antiquité en Inde du nord, en Syrie, au Liban, et continué sa route jusqu’au Maroc et la Mauritanie.
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Au moment du dessert, la reine de la fête arrive sur un plateau porté par des hommes forts (enfin pas trop non plus, car les kilos, on les prend, après le mariage) précédée des jeunes filles qu’on exhibe volontiers pour attirer les regards des jeunes hommes célibataires ou plus exactement de leurs mères qui se chargeront ensuite de faire les présentations. Parfois pour donner un peu d’importance au futur marié, on lui demande d’ouvrir la marche.
Chez les Constantinois on aime bien la voir arriver sur la musique de « ayjat laroussa » (elle est arrivée, la mariée). Elle est revêtue d’une gandoura rose (verte chez les marocains, rouge chez les tuns) et ornée d’une large ceinture en or, d’un collier, genre plastron en filigrane très discret et du jben (tiare) posé sur le front au dessus du voile qui couvrira un temps seulement son visage. |
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Les autres femmes de la famille arrivent les mains encombrées de plateaux de gâteaux bien de chez nous. |
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Une fois le henné prêt, on enduit le creux de la main des futurs époux et on y ajoute un Louis d’or pour leur souhaiter une vie prospère.
Pour éviter de se tâcher, les mamans auront fabriqué des gants protecteurs avec bien entendu un joli ruban rouge contre le mauvais œil. Toutes les célibataires présentes se verront décorer leur main à leur tour. Le nec plus ultra étant de recevoir un henné qui vient directement de la main de la future mariée afin de s’assurer d’un mariage dans l’année.
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La soirée se déroule après le mariage civil et commence par la dégustation de plats traditionnels. Les mariages exogamiques étant plus nombreux aujourd’hui qu’autrefois, on ne se contente pas de la loubia constantinoise. Ainsi ce sont bkayla, brik et autres couscous qui sont offerts aux convives. Bien entendu, le Dber ne doit pas manquer car c’est LE plat de fête par excellence chez nous. Il est fait d’oignons, de pruneaux, de viande et de miel ; un précieux mélange qui doit cuire toute la nuit. On peut y voir un autre symbole, celui de l’oignon qui, comme le mariage, fait pleurer pendant la préparation mais qui est doux à la dégustation (là j’invente, mais comme dit Boujenah : « je dis ce que je veux, c’est moi l’auteur ! »). |
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La Nida sont les règles de pureté de la femme et qui consistent à ne pas avoir de rapports sexuels pendant les cinq jours de la menstruation suivis de sept jours de purification. Abstinence rigoureuse qui ne prend fin qu'après l'immersion dans le "Mikve" (bain rituel).
La troisième règle est le Adlakat Haner qui est l’allumage des bougies de Shabat et des fêtes en général qui est une des tâches dévolue à la femme dans un foyer. |
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La Hala est la pâte à prélever lorsqu’on fait du pain en souvenir du 10ème qui devait être donnée aux Cohanim (la tribu des Cohen, les prêtres). |
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A l’époque, le henné était apprécié pour ses propriétés odorantes, et pour ses valeurs médicinales. C’est en effet un très bon antifongique, antiseptique et antisudoral.
On comprend donc pourquoi la future mariée s’en enduit les mains et les pieds. Mais pourquoi cette coutume a-t-elle pris tant d’importance dans les mariages juifs ? Car ce minag (coutume) n’est pas, contrairement à ce qu’on s’imagine communément, un héritage de nos cousins, mais fait partie intégrante de notre patrimoine.
En effet, « hanna » en hébreu s’écrit H-N-A (הנא.) qui sont les initiales de trois devoirs primordiaux à la charge de la femme d’un foyer juif, à savoir Hala, Nida, et Adlakat Haner. |
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Réalisé par Valérie Amram d’Onofrio et Tarek Ben Ameur |












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Le symbolisme n’est pas non plus absent de cette cérémonie. Le henné pour son indélébilité rappelle les liens indissolubles des futurs époux. La pose du henné est donc le passage obligé et donne l’occasion d’organiser une grande fête pendant laquelle la future mariée est à l’honneur. |
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On installe ensuite les futurs mariées sur des fauteuils devant une table sur laquelle est disposée le plat de henné. Il est alors mouillé avec de l’eau et de la fleur d’oranger, symbole de pureté, et décoré de dragées pour la douceur annoncée de la vie conjugale et d’oeufs crus, symboles de fertilité.
Passés les 25 ans, âge canonique, si l’on en croit nos grands-mères, pour contracter le mariage, les jeunes filles célibataires sont sommées de gober ces oeufs crus. De quoi vous donner envie de trouver vite un mari ou de sécher la cérémonie de la Hanna de la cousine. |
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Arrive le meilleur moment de la fête, celui des cadeaux. La corbeille doit contenir, sept paires de chaussures (une pour chaque jour de la semaine), les deux khelkhet (bracelets en or en forme de serpent), le khelkhal (le même en plus gros pour la cheville et qui se portera, en raison de son poids, uniquement le jour du bain rituel), du parfum, un déshabillé pour la nuit de noce, et les accessoires de la robe de mariée pour la cérémonie religieuse (la seule qui compte vraiment puisque c’est celle qui donnera le droit aux plaisirs annoncés).
Généreusement, le futur marié recevra le cadeau d’une montre. Après tout ce n’est pas sa fête et la famille de la jeune fille a déjà la charge de la Hanna ! |

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Photos (de gauche à droite) : Salle de la hanna d’Isabelle - Hanna de Laetitia : Ouverture des cadeaux des mariés Hanna de Valérie : Arrivée de la mariée - Hanna de Livia : Les rubans rouges traditionnels du henné Hanna d’Isabelle : Arrivée des gateaux portés dans l’ordre par Valérie, Josselyne, Natalie, Déborah, Ilana Hanna de Valérie : Arrivée des gateaux portés par Jacqueline - Hanna d’isabelle : table des gateaux Hanna de Livia : Préparation du henné - Hanna de Livia : Geneviève mettant le henné à sa fille Mariage de Laetitia : Evelyne, Gilette et Hélene - Hammam de Déborah Hanna de Livia : Livia en gandoura traditionnelle de la Constantinoise
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