L’ART AU SERVICE DE LA HAINE

Billet perso

Envoyez-nous vos articles : webmaster@amram.tw

Zone de Texte: Retour au sommaire
des articles

 

Réalisé par Valérie Amram d’Onofrio et Tarek  Ben Ameur

 

 

L’exposition internationale d’ARt COntemporain (ARCO) vient d’ouvrir ses portes à Madrid. L'Arco est devenue une manifestation européenne et internationale incontournable du marché de l'art. Aujourd’hui 25 pays y participent. C’est dire l’impact que provoquent certaines sculptures particulièrement polémiques comme celle de Eugenio Merino lorsqu’elles y sont exhibées.

 

Cette sculpture censée symboliser «une tour où les trois grandes religions collaborent pour arriver à un même but »  représente un musulman recroquevillé en position de prière, au-dessus de lui, à genoux un curé et sur les épaules de ce dernier, un juif orthodoxe, debout qui de son air arrogant, nez en l’air, prie D-ieu. 

 

Interprétation, me direz-vous. C’est justement la magie de l’art car l’artiste n’est pas l’inspiré mais celui qui provoque l’inspiration. Ce serait effectivement un argument si seulement, à côté de cette « œuvre », il n’y avait pas une sculpture d’une mitraillette comme celle qu’utilisent les militaires israéliens se terminant, vous l’aurez deviné, par une menorah. D’aucun feront appel à la liberté d’expression, notamment celle de l’art.

 

Que faudrait-il y répondre ? Que la Commission des Droits Humains de l'ONU, réunie à Durban en 1983 demandait aux pays participants de développer leur système législatif justement pour éviter que l’expression qu’elle soit artistique ou littéraire soit un prétexte à l’incitation à la haine raciale ? Doit-on leur expliquer une fois de plus que d'un point de vue juridique, si la liberté d'expression a été conçue comme instrument au service de la vérité, elle peut être limitée si d'une part, cette liberté est mise au service du mensonge et si, d'autre part, une croyance généralisée dans les thèses mensongères est susceptible d'avoir des conséquences sociales néfastes ?

 

Non, inutile ! Explications bien trop compliquées pour un esprit ibérique étriqué et peu soucieux de préserver la paix sociale. Inutile, parce que ce n’est pas nouveau, l’Espagne ne recule devant rien pour exprimer sa haine du juif à base de stéréotypes tellement éculés qu’on se demande réellement si le terme évolution fait partie du vocabulaire espagnol.